Dans une dissertation de culture générale, beaucoup de candidats donnent toute leur énergie à l'introduction et au développement, puis terminent la copie dans la précipitation. Cette attitude est dangereuse. La conclusion est souvent le dernier contact intellectuel entre le candidat et le correcteur. Elle ne remplace pas la démonstration, mais elle peut en révéler la qualité. Une bonne conclusion donne une impression d'ordre, de maîtrise et de lucidité. Une mauvaise conclusion, au contraire, peut faire naître l'idée que la copie n'a pas réellement répondu au sujet.
La dissertation de culture générale n'est pas une simple accumulation d'idées. Elle est un raisonnement organisé autour d'un problème. La conclusion doit donc revenir à ce problème pour y répondre. Le candidat qui termine par une formule banale, par une morale générale ou par une ouverture artificielle montre qu'il n'a pas compris la fonction de l'exercice. À l'inverse, celui qui conclut avec précision montre que son développement n'était pas une juxtaposition de paragraphes, mais une démonstration orientée.
La conclusion est aussi un exercice de mesure. Il ne s'agit pas d'écrire un second développement ni d'introduire de nouvelles références qui auraient dû être utilisées avant. Il s'agit de condenser l'essentiel, de répondre clairement à la problématique et, éventuellement, d'ouvrir vers une perspective qui prolonge le sujet sans le déformer. Elle doit être brève, mais pas pauvre ; claire, mais pas sèche ; élégante, mais pas décorative.
Dans les concours administratifs, judiciaires ou professionnels, le correcteur apprécie la capacité du candidat à conduire un raisonnement complet. La conclusion lui permet de vérifier si le candidat a compris l'enjeu du sujet, s'il a traité le problème posé, s'il sait nuancer une réponse et s'il peut terminer une copie sans perdre la rigueur du propos. C'est pourquoi la conclusion doit être préparée dès le brouillon.