L'ENSOA est une école militaire. Sa finalité n'est pas seulement de produire des candidats ayant de bonnes notes. Elle prépare des sous-officiers d'active, c'est-à-dire des cadres militaires intermédiaires appelés à exercer des responsabilités concrètes dans les unités. Le sous-officier est souvent le lien vivant entre l'autorité de commandement et l'exécution sur le terrain. Il doit comprendre les ordres, transmettre les consignes, contrôler l'exécution, préserver la cohésion du groupe et donner l'exemple. Cette réalité transforme la manière de préparer le concours.
En français, le jury ne recherche pas seulement une belle écriture ; il recherche la clarté, l'ordre, la maîtrise de la langue et la capacité à exprimer une pensée droite. En mathématiques, il ne recherche pas seulement des formules ; il vérifie la précision, la logique, la rapidité et le sang-froid devant un problème.
En histoire et en géographie, il ne s'agit pas de réciter des dates ou des lieux de manière mécanique ; il faut comprendre les faits, les relations, les enjeux nationaux, africains et internationaux qui forment la culture d'un futur militaire. Le candidat doit donc travailler son profil global.
La compétence intellectuelle, l'aptitude physique, la moralité, la discipline personnelle et la tenue dans l'expression forment un tout. Un élève qui sait beaucoup mais qui écrit mal, se présente mal, court sans méthode ou panique devant une consigne affaiblit ses chances. Inversement, un candidat régulier, propre, méthodique, respectueux du temps et capable d'apprendre chaque semaine progresse rapidement. Il faut également comprendre que l'ENSOA s'inscrit dans une tradition militaire nationale.
Les cérémonies de sortie de promotion rappellent que l'école ne transmet pas seulement des connaissances, mais un état d'esprit : disponibilité, devoir, discipline, endurance, sens de l'intérêt général et aptitude à porter des responsabilités. Le concours doit donc être abordé comme une première épreuve de maturité.