La gestion publique au concours de l’ENA est une matière stratégique parce qu’elle oblige le candidat à penser l’État en action. Elle ne demande pas seulement de connaître les organigrammes, les textes ou les mots modernes du management. Elle exige de comprendre comment une décision publique devient un programme, comment un programme devient un budget, comment un budget devient une action, comment une action produit un résultat, comment ce résultat est contrôlé, évalué et corrigé.
Pour le Sénégal, cette exigence est d’autant plus forte que l’administration doit répondre simultanément à plusieurs défis : transformation économique, souveraineté, emploi des jeunes, modernisation numérique, justice territoriale, soutenabilité financière, contrôle du secteur parapublic, rationalisation des agences, financement des infrastructures, qualité des services et restauration de la confiance publique.
La meilleure copie sera donc celle qui refusera les oppositions simplistes. L’État doit être efficace sans devenir arbitraire ; les gestionnaires doivent être autonomes sans échapper au contrôle ; les PPP doivent mobiliser le privé sans privatiser l’intérêt général ; les agences doivent accélérer l’action sans fragmenter l’État ; la digitalisation doit simplifier sans exclure ; les entreprises publiques doivent servir la souveraineté sans produire des déficits incontrôlés ; la planification territoriale doit rapprocher les politiques des citoyens sans affaiblir l’unité nationale.